L’avocat mexicain Santiago Corcuera a fait partie du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées et involontaires (2004-2010).
Les organisations civiles mexicaines dénoncent plus de 3 000 disparitions forcées depuis le début de la présidence de Felipe Calderón, en décembre 2006. Ces estimations sont-elles fiables ?
Je crois qu’elles se situent en deçà de la réalité. Je ne peux pas donner de chiffre exact, mais je suis sûr, par expérience, qu’une grande partie des disparitions ne sont pas portées à la connaissance des autorités. On observe le même phénomène dans tous les pays où se produisent des disparitions forcées. Faire disparaître quelqu’un est une pratique propre à imposer la terreur. Les proches des victimes ne portent pas plainte car ils sont terrorisés. Les instances judiciaires ne leur inspirent aucune confiance car elles sont bien souvent complices de ces crimes. Il y a une intimidation des victimes. Souvent, il n’y a d’ailleurs pas d’enquête. La disparition forcée n’est même pas clairement définie dans le droit pénal mexicain.
Qui sont les «disparus» et qui les fait «disparaître» ?
Les autorités mexicaines doivent répondre à ces questions et poursuivre les coupables. Au lieu de cela, elles éludent leur devoir d’enquête, elles minimisent le phénomène et criminalisent les victimes, prétextant qu’il s’agit de personnes liées au crime organisé. C’est lamentable.
Quant aux auteurs, on peut attribuer des disparitions aux




