Les mots sont lourds. «La situation est devenue inacceptable. On n'envoie pas face à des manifestants des chars, l'armée et on ne leur tire pas dessus», a martelé hier Nicolas Sarkozy lors du sommet franco-italien de Rome. Un changement de ton après un long silence où l'Elysée avait laissé au ministre des Affaires étrangères le soin de condamner l'escalade de la violence en Syrie. Paris, comme le souligne le Quai d'Orsay, exige désormais «des mesures fortes» pour faire cesser l'usage de la force contre la population. Cela signifie œuvrer pour des sanctions ciblées de l'Union européenne et des Nations Unies.
Gel. Washington est désormais sur la même ligne. La Maison Blanche prépare un décret permettant à Obama de geler les avoirs de certains membres de l'entourage du président Bachar al-Assad et leur interdire toute activité économique aux Etats-Unis. Dès vendredi, Barack Obama affirmait dans un communiqué :«Il faut mettre fin maintenant à l'usage scandaleux de la force pour réprimer les manifestations.» Une résolution de l'ONU est en préparation qui «condamne la violence et appelle à la retenue» mais Washington comme Londres ou Paris savent qu'il sera très difficile de faire accepter un texte aux Russes hostiles à toute forme d'ingérence surtout s'il s'agit d'un pays ami comme la Syrie. Ce alors même que Moscou et Pékin sont déjà irrités du précédent libyen. Il est hors de question d'obtenir un texte musclé ou prévoyan




