Hama 1982, Deraa 2011. Vingt-neuf ans - et quelques milliers de morts pour l’instant - séparent ces deux villes qui ont osé défier le pouvoir syrien. Mais la logique est la même: punir, faire un exemple, terroriser. La répression de la jolie ville de Hama, sur la vallée de l’Oronte, est un traumatisme majeur dans l’histoire contemporaine syrienne. En février 1982, les Frères musulmans, pressés par un groupe islamiste extrémiste local, s’étaient soulevés contre la férule baasiste de feu Hafez al-Assad, le père du jeune président syrien, Bachar. A l’époque, le raïs syrien avait envoyé son frère, Rifaat, qui dirigeait les redoutées «panthères roses» - surnom donné aux forces spéciales de l’armée - écraser la révolte dans le sang. Un mois de siège, de bombardement à l’arme lourde et de «nettoyage» systématique, rue par rue, maison par maison, avait causé un terrible bilan, allant de 15000 à 25000 morts, selon les sources, dont les cadavres ont été enterrés à la pelleteuse dans une fosse commune sous les fondations du plus grand hôtel de la ville.
Snipers. Aucun témoin ou presque n'avait pu témoigner du «martyre» de Hama (1), mais, à dessein, les traces des fusillades ont été laissées sur le minaret de la plus ancienne mosquée de la ville. Pour que les habitants se souviennent… L'analogie est frappante avec la brutale mise au pas de Deraa, près de la frontière jordanienne, et c'est d'ailleurs bien l'un des buts recherchés par le pouvoir syrien, alors même qu'aucun




