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Libération
EDITORIAL

Indulgence

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Publié le 27/04/2011 à 0h00, mis à jour le 27/04/2011 à 6h39

«Il faut que tout change pour que rien ne change», dit le prince Salina dans le Guépard de Lampedusa. Chez les Assad, le massacre est une tradition familiale. Il y a près de trente ans, le tyran Hafez al-Assad, épaulé par son frère Rifaat, réprimait dans le sang le soulèvement d'Hama, une ville entière entrée en rébellion, entre Damas et Alep. Trois semaines d'insurrection et un terrible huis clos qui fit 20 000 morts.

Ces jours-ci, ses deux fils Bachar et Maher démontrent, en dépit de leur vernis «moderniste», qu’ils sont les dignes héritiers de leur père. Les Assad matent avec la même sauvagerie la cité de Deraa, berceau d’une révolte qui a gagné tout le pays. Comme il y a trente ans, des chars tirent sur une foule aux mains nues. A l’époque, le dictateur Al-Assad, membre autoproclamé du camp «progressiste» et ami de l’URSS, avait bénéficié d’une indulgence certaine. Les chancelleries du monde entier avaient préféré fermer les yeux : la stabilité du pays et de la région primait sur le destin des Frères musulmans, fer de lance de l’insurrection. Aujourd’hui, au-delà des protestations officielles, le même embarras tétanise les Occidentaux. Les uns redoutent l’éclatement du pays, les autres l’embrasement régional, tous s’inquiètent des coups fourrés iraniens.

Mais les images terribles de la répression tournent en boucle sur la Toile. Le silence et la complicité ne sont plus possibles. Entre l’impossible intervention et les communiqués incantatoires, les Occ

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