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Libération

Confucius chassé de la place Tiananmen

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Publié le 29/04/2011 à 0h00

En Chine, il n'y a pas que les dissidents qui disparaissent sans laisser de traces. L'imposante statue en bronze de Confucius, inaugurée le 10 janvier sur la place Tiananmen, s'est mystérieusement évanouie dans la nuit de mercredi à jeudi. Des palissades bleues cachent désormais l'emplacement d'origine de cette sculpture de 17 tonnes qui avait été disposée devant la façade nord du Musée national, presque en face du portrait de Mao ornant la porte de la «paix céleste». L'aile la plus orthodoxe du régime avait vu comme un blasphème l'admission sur Tiananmen, où bat le cœur idéologique du pouvoir, de ce «représentant du féodalisme» cent fois vilipendé par Mao (Libération du 18 janvier).

Dans les années 70, Mao avait lancé une purge politique en appelant à «casser la maison Confucius». La statue du sage hors de vue, les conservateurs du parti jubilent. L'un des sites internet pro-maoïstes (Maoflag.net) exhibait hier une photo de la statue de Confucius barrée du caractère «chai» («à abattre»). Une grue spéciale aurait embarqué le monument de 9,5 mètres de haut vers 3 heures du matin, murmurent des Pékinois.

Mais personne ne sait où. Ni Tian Shanting, le porte-parole du Musée national qui avait dévoilé la statue quatre mois auparavant, ni son sculpteur, Wu Weishan, qui refuse de s’exprimer. Aucun officiel n’a donné la moindre explication - vraisemblablement parce que la décision a été prise au sommet du Parti, à l’issue d’un débat qui a p

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