Quand il est arrivé à Eilat, la station balnéaire israélienne des bords de la mer Rouge, Hassan a immédiatement commencé à apprendre l'hébreu. «Je pensais être enfin en sécurité en Israël. Même si au Soudan, on m'a toujours dit qu'Israël était un pays ennemi, je savais que c'était le seul pays démocratique de la région, avec un niveau de vie comparable à celui de l'Europe ou des Etats-Unis. Je croyais que je pourrais reprendre les études d'architecture que j'avais commencées. Et puis, pour moi, c'était le pays des Juifs, un peuple qui a aussi connu l'exil.»
Hassan, qui souhaite garder l'anonymat, a fui le Darfour, une région de l'ouest du Soudan meurtrie depuis huit ans par une guerre contre les forces gouvernementales de Khartoum. Trois ans après, il déchante. Il nettoie neuf heures par jour, parfois de nuit, le sol des cuisines du Club Méditerranée de la station balnéaire israélienne. Avec ses 5 000 shekels (un peu moins de 1 000 euros, le salaire minimum en Israël), il loue un deux-pièces avec cinq autres réfugiés soudanais et envoiede l'argent à sa mère et ses frères et sœurs restés au Darfour. Son niveau d'hébreu, insuffisant, ne lui a pas permis de s'inscrire à l'université. «Ce n'est pas une vraie vie ici, dit-il, mais je serai toujours reconnaissant au gouvernement israélien de m'avoir accordé une protection.»
Hassan a fui son village près d'El-Geneina, la capitale du Darfour-ouest, après avoir échappé de justesse aux milices gouvernementales




