Le Premier ministre, François Fillon, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, et également le ministre des Cultes (accessoirement de l’Intérieur), Claude Guéant : le gouvernement français était bien représenté hier pour la béatification de Karol Józef Wojty?a, alias Jean Paul II. Quatre semaines après le débat controversé lancé par la majorité sur la laïcité, cela fait beaucoup.
«Une maladresse». L'ancien secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel, avait pourtant exhorté, dans une interview à Mediapart la semaine dernière, le Premier ministre à «ne pas [se] rendre, le 1er mai, traditionnellement nommée Journée internationale des travailleurs, au Vatican».«Vous représentez, de par vos fonctions, la nation française qui est, officiellement, républicaine», rappelait Marc Blondel, par ailleurs président de la Fédération nationale de la libre pensée. «Au moment où la laïcité dans notre pays fait l'objet d'utilisations variées, concluait-il, votre participation ès qualité serait une maladresse.»
L'ancien dirigeant syndical n'est pas le seul à pointer le double langage d'un gouvernement prompt à réagir quand les mosquées débordent dans l'espace public. Cela «confirme à nouveau la dérive antilaïque de ce gouvernement, et sa conception d'une "laïcité à géométrie variable" qui stigmatise nos concitoyens musulmans et exalte en permanence la foi catholique et les "racines chrétiennes de la France"»,




