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Libération
EDITORIAL

Dix ans

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Publié le 03/05/2011 à 0h00

Une parenthèse se referme. Le XXIe siècle avait tragiquement démarré à New York, le 11 septembre 2001. A l'époque, l'effondrement du communisme semblait être l'événement fondateur d'un temps désormais sans histoire, capitalisme et démocratie n'ayant plus d'adversaire mais la planète à conquérir. Les attentats du World Trade Center marquèrent la fin de cette douce euphorie et l'entrée dans un monde illisible, impensable, aussi stupéfiant que l'image des deux avions percutant les tours jumelles. Al-Qaeda devenait alors un nom commun, Ben Laden la figure de l'ennemi universel. Et une contre-histoire de la mondialisation se trouvait écrite : celle d'un mouvement fonctionnant comme une entreprise de mort multinationale, déployant ses franchises de la terreur, pratiquant la délocalisation du jihad. Retournant, aussi, la modernité technique et médiatique pour faire d'Internet, des chaînes d'information en continu, le vecteur et les écrans d'un terrorisme qui se propageait par les mêmes canaux que la démocratie. Et ouvrait, en son cœur, un autre front. Car, comme le soulignait Jacques Derrida, Al-Qaeda ne se contentait pas de perpétrer des attentats. Elle mettait également la démocratie en contradiction avec elle-même : quelles réponses des sociétés fondées sur le droit peuvent apporter à des mouvements qui entendent les anéantir ? L'administration Bush fit le choix de sortir des cadres démocratiques : enfermements arbitraires, torture, surveillance des citoyens, mépris d

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