Une parenthèse se referme. Le XXIe siècle avait tragiquement démarré à New York, le 11 septembre 2001. A l'époque, l'effondrement du communisme semblait être l'événement fondateur d'un temps désormais sans histoire, capitalisme et démocratie n'ayant plus d'adversaire mais la planète à conquérir. Les attentats du World Trade Center marquèrent la fin de cette douce euphorie et l'entrée dans un monde illisible, impensable, aussi stupéfiant que l'image des deux avions percutant les tours jumelles. Al-Qaeda devenait alors un nom commun, Ben Laden la figure de l'ennemi universel. Et une contre-histoire de la mondialisation se trouvait écrite : celle d'un mouvement fonctionnant comme une entreprise de mort multinationale, déployant ses franchises de la terreur, pratiquant la délocalisation du jihad. Retournant, aussi, la modernité technique et médiatique pour faire d'Internet, des chaînes d'information en continu, le vecteur et les écrans d'un terrorisme qui se propageait par les mêmes canaux que la démocratie. Et ouvrait, en son cœur, un autre front. Car, comme le soulignait Jacques Derrida, Al-Qaeda ne se contentait pas de perpétrer des attentats. Elle mettait également la démocratie en contradiction avec elle-même : quelles réponses des sociétés fondées sur le droit peuvent apporter à des mouvements qui entendent les anéantir ? L'administration Bush fit le choix de sortir des cadres démocratiques : enfermements arbitraires, torture, surveillance des citoyens, mépris d
EDITORIAL
Dix ans
Réservé aux abonnés
Publié le 03/05/2011 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus