La mort de Ben Laden va-t-elle éclipser le printemps arabe ? Manifestement, ce n’est pas le cas. Aucun défilé n’a eu lieu, hier, dans le monde arabe pour protester ou s’émouvoir de la mort du fondateur d’Al-Qaeda. Oussama ben Laden est bien plus populaire au Pakistan et dans le Sud afghan que dans la région du monde dont il est originaire, où Al-Qaeda est devenu synonyme de guerre (en Irak), de massacres interconfessionnels et de libertés bafouées (par les régimes en lutte contre le terrorisme). Ben Laden ne fait plus rêver si tant est qu’il ait pu provoquer de l’adhésion après le 11 Septembre. C’est qu’entre-temps, Al-Qaeda, qui milite pour un retour au «califat», n’a jamais proposé de modèle de gouvernement ou de cité idéale propre à faire rêver. L’expérience de l’éphémère «émirat islamique de Fallouja», qui a duré à peine un an (2004-2005) en Irak, a viré au cauchemar fondamentaliste avec mains coupées pour les voleurs et interdiction d’écouter de la musique.
«début de la fin». Au niveau officiel, c'est évidemment le soulagement qui prévaut, tant Ben Laden a cherché à déstabiliser des régimes qu'il jugeait impies. Ainsi, l'Arabie Saoudite, son pays d'origine et la cible favorite de ses diatribes, a exprimé l'espoir que son élimination «contribuera à renforcer» la lutte internationale «contre le terrorisme». Riyad avait déchu son «fils prodigue» de sa citoyenneté, après avoir vainement tenté de le convaincre de revenir à la raison durant l




