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Libération
EDITORIAL

Zones d’ombre

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Publié le 04/05/2011 à 0h00

Comment expliquer que Ben Laden, l'homme le plus recherché au monde, ait pu trouver un refuge fortifié dans une ville cossue du Pakistan, pays allié des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme ? Islamabad, qui s'insurge du soupçon porté sur sa loyauté et rappelle à juste titre les ravages du terrorisme sur son sol, ne peut esquiver la question et devra, comme le réclame Salman Rushdie dans Libération aujourd'hui (lire page 20), s'expliquer au plus vite. Mais Washington aussi. Car, publiée il y a moins de dix jours par le New York Times, une somme de documents confidentiels sur Guantánamo indique qu'en 2007, aux yeux des Américains, toute personne ayant entretenu de près ou de loin des relations avec les services secrets pakistanais, l'Inter-Services Intelligence (ISI), devait être considérée comme potentiellement terroriste. Pour cette raison, l'ISI figurait sur une liste d'organisations aux côtés d'Al-Qaeda, du Hamas et du Hezbollah… Même si tout ce qui entre ou sort de Guantánamo ne peut être tenu pour parole d'évangile, le simple fait de considérer ses alliés comme des ennemis donne tout de même une petite idée du cloaque géopolitique de la région. Et permet, accessoirement, de comprendre pourquoi les Américains ont préféré violer l'espace aérien pakistanais que de prévenir leurs «alliés» de l'opération commando contre Ben Laden. Engagés militairement dans la région, les Occidentaux ne peuvent plus éviter la question : le Pakistan peut-il encore

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