En Syrie, la mise au pas se poursuit, implacable, méthodique. Après avoir envahi, réprimé et ratissé Deraa, principal bastion de la contestation syrienne, qui a débuté le 15 mars, les autorités de Damas se sont attaquées, ce week-end, à Banias, sur la côte méditerranéenne, et à Homs, la troisième ville du pays. Hier, c’était au tour de Mouadimiya et Daraya, des localités de la grande banlieue de Damas, de subir le même traitement.
A chaque fois, le scénario est identique : intimidation, invasion puis répression. La méthode expérimentée à Deraa, entre le 25 avril et le 5 mai, se répète aujourd'hui dans les autres localités en révolte. D'abord les communications, l'électricité et l'eau sont coupées, tandis que l'armée est massée aux entrées de la localité visée, installant un blocus de fait. Puis les forces de sécurité investissent la ville en force. Pendant que les blindés, assistés de snipers postés sur les toits, empêchent les habitants de sortir de chez eux, des unités spéciales des moukhabarat (services de renseignement) investissent les maisons des activistes repérés sur les vidéos sur YouTube ou grâce à la surveillance téléphonique et électronique. Les hommes sont emmenés en détention pour interrogatoire, voire torture. Ainsi, à Banias, dont les quartiers sud (à majorité sunnite) ont été envahis vendredi soir, de 200 à 400 personnes étaient encore détenues hier, dont plusieurs dizaines au stade municipal, transformé en centre de détention, comme dans le Chili de Pinochet




