«Calderón dehors !» : ce cri, réclamant la démission du président Felipe Calderón, a été proféré dimanche par des milliers de Mexicains révoltés par les 37 000 morts causées par la guerre des cartels de la drogue. A Mexico et dans d'autres villes du pays, les citoyens ont manifesté contre la violence des narcotrafiquants et, surtout, contre l'incompétence et la corruption du pouvoir. Certaines pancartes clamaient : «Que les putes nous gouvernent, puisque que leurs fils ont échoué».
La manifestation de Mexico venait couronner la Marche pour la paix et la justice partie jeudi de Cuernavaca, ville située à 90 kilomètres au sud de la capitale. Des centaines de personnes, pour la plupart des proches de victimes de la guerre des cartels, ont fait l’intégralité de cet éprouvant parcours. Dimanche sur le Zócalo, l’immense place centrale de Mexico, des milliers de citoyens sont venus se solidariser avec leur douleur : entre 100 000 personnes, selon les autorités, et 200 000, selon les organisateurs. Le mouvement de protestation contre la violence, la corruption et l’impunité, avait été lancé il y a un mois par le poète Javier Sicilia après la mort de son fils, tué à Cuernavaca par un gang lié au crime organisé.
«Nous ne voulons pas d'un pays qui ne respecte pas la vie des gens», explique à Libération Julian LeBaron, l'un des organisateurs de la mobilisation. «Si nous n'élevons pas la voix, alors nous sommes complices de la violence», ajoute




