Ella vit en Allemagne depuis vingt ans. En République fédérale, cette joviale comptable polonaise de 48 ans n'a jamais trouvé de travail à la hauteur de sa qualification. Pour faire vivre sa famille, Ella fait donc des ménages au noir. Mais ce qu'elle redoute le plus, ce sont les appels de sa «conseillère de réinsertion».
«Lorsqu'elle m'appelle, c'est pour me proposer de trier des papiers à la paroisse d'à côté, ou de répondre au téléphone dans une maison de retraite. Six heures par jour, trente heures par semaine, payées 1 euro de l'heure! Je ne peux pas refuser, sous peine de voir diminuer le montant de mes indemnités…», détaille Ella.
Impossible de refuser ces «propositions» venant de l'Etat. Pourtant, à chaque fois, Ella risque de perdre tous ses clients si elle ne peut plus aller faire ses ménages.
Le mari d'Ella étant ouvrier au chômage, la famille vit donc de l'aide sociale. Avec leurs deux fils, ils perçoivent chaque mois 364 euros par adulte, et autour de 200 euros par enfant, selon leur âge. Le loyer et le chauffage sont pris en charge par l'Etat. «Rien que l'aide sociale ne permet pas de vivre dignement, soupire Ella. Nous, on vit moins bien depuis qu'on nous impose les jobs à 1 euro…»
Une réforme contestée outre-Rhin
Le rêve de Laurent Wauquiez – que les bénéficiaires du RSA effectuent cinq heures de service social par semaine – existe donc outre-Rhin depuis




