«Ecoutez ! Ecoutez ! Ce sont des tirs d'obus», hurle un réfugié, les yeux rougis par la fatigue et la douleur. De l'autre côté de la rivière, en territoire syrien, un bruit sourd déchire le silence. Quelques minutes plus tard, des rafales de mitrailleuses retentissent. Des colonnes de fumée s'élèvent au-dessus de Tall Kalakh, l'un des foyers de la contestation en Syrie, cible d'une répression brutale.
«Les tanks de l'armée encerclent la ville et bombardent au hasard. A l'intérieur, des miliciens alaouites tirent sur les gens», explique un jeune homme, arrivé dans la nuit. Samedi soir, il a grimpé dans un camion avec les siens pour se réfugier à Wadi Khaled, dans le nord-est du Liban, à seulement 5 kilomètres de là. Comme des centaines de Syriens, ils ont emprunté l'un de ces points de passages illégaux utilisés depuis toujours par les habitants de la région. «Sur la route, côté syrien, des hommes armés ont ouvert le feu sur notre véhicule, quatre enfants ont été blessés.» La tension est palpable, le ballet des ambulances incessant.
A Tall Kalakh, un bilan provisoire faisait état de 10 morts dimanche soir. «Nous voulons seulement la liberté. Les autorités nous accusent d'être des salafistes, des groupes armés, c'est totalement faux», s'insurge un quinquagénaire arrivé lui aussi la veille. Il n'est plus question de céder à la peur, tous les réfugiés veulent raconter au monde les réalités d'un massacre à huis clos. «Ce sont les soldats de l




