Alors que la Tunisie est entrée, depuis début mai, dans une phase d'instabilité et de doute, Yadh ben Achour, 65 ans, juriste respecté de 65 ans et président de la Commission des réformes politiques, chargée d'écrire une loi électorale, fait le point sur la transition démocratique. Le 24 juillet, les premières élections libres de l'histoire de la Tunisie doivent désigner une Assemblée constituante. Yadh ben Achour vient par ailleurs de publier la Deuxième Fatiha (PUF), un ouvrage sur le message universel de l'islam et la pensée des droits de l'homme.
Le couvre-feu est de retour à Tunis, tout comme les manifestations, la répression et les rumeurs alarmistes. Que se passe-t-il ?
La situation est alarmante, c'est vrai, et c'est toujours le cas des périodes transitoires. Quand un système dictatorial tombe, les gens veulent une démocratie réelle, des élections, de la dignité, de la liberté. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain, de manière linéaire et sans soubresauts. C'est ce qu'est en train de traverser la Tunisie. Nous avons une situation de contradiction et de blocage à tous les niveaux. Sur le plan économique et social, les investissements sont à l'arrêt, les grèves touchent tous les secteurs… Au niveau politique, il règne un état de défiance généralisée.Il a suffi qu'un ancien ministre [Farhat Rajhi, ministre de l'Intérieur de fin janvier à fin mars, avant d'être limogé, ndlr] fasse des déclarations jetant le doute sur l'armée pour pr




