Chercheuse au CNRS et au Centre d'études et de recherches internationales, professeure à Sciences-Po et auteure de Russie, l'envers du pouvoir (1), Marie Mendras analyse les manœuvres en coulisses sur la scène politique russe à l'approche des législatives et de la présidentielle.
Le duel Poutine-Medvedev que tout le monde attend est-il une vraie opposition ou un jeu de rôles ?
C'est sans aucun doute un jeu de rôles. Il est important de comprendre pourquoi il est nécessaire avant les élections législatives de décembre de simuler une rivalité entre le Président et le Premier ministre. La conférence de presse que Medvedev a donnée hier est claire. La chose qu'il a dite avec le plus de force est que Vladimir Poutine et lui-même s'entendent très bien : «notre relation date de plus de vingt ans»,«nos approches sont très similaires». Ensuite il a expliqué qu'il a changé la moitié des gouverneurs mais aucun ministre, parce qu'il n'interfère pas dans leur désignation. Autrement dit, c'est l'affaire de Poutine. Et enfin il a souligné que s'il devait chercher un soutien politique, il irait le chercher là où il l'a obtenu la première fois, en 2008, à savoir auprès des formations et des groupes qui soutiennent le système Poutine et le tandem Poutine-Medvedev. Cela veut dire qu'encore aujourd'hui Medvedev n'est pas une personnalité indépendante. Et que son souci est que Poutine ne décide pas de faire équipe avec quelqu'un d'autre ou d'aller tout seul à l'élection. Car il n'existe pas sans lui.
Alors que l’inverse n’est pas vrai ?
Poutine ne s'est pas encore exprimé, et ne dévoilera qu'au




