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Triple libération entre deux tours

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Dans les archives de «Libé», il y a vingt-trois ans. L’épilogue de trois ans de captivité survient trois jours avant la présidentielle où Mitterrand est donné gagnant. Un pronostic qui a influencé les négociations avec le Jihad islamique.

ParJosé GARÇON
(Libération du 5 mai 1988).
Publié le 21/05/2011 à 0h00

Iran, Syrie, ravisseurs : on savait depuis toujours que la libération des otages dépendait, certes à des degrés différents, de l'accord de ces trois parties et sans doute aussi d'un accord entre elles. La République islamique parce qu'elle a - pour reprendre l'euphémisme cher aux mollahs - une «influence» sur les ravisseurs, c'est-à-dire sur le Jihad islamique, cette organisation clandestine qu'elle connaît d'autant mieux qu'elle en tire plusieurs ficelles. La Syrie en raison de son «omniscience» au Liban : si le sort des otages ne dépend pas directement de Damas, rien ne peut néanmoins se faire sans son accord. Les manifestations de mauvaise humeur de Damas lors des multiples rounds de discussions pour obtenir la libération des otages, parfois même un certain retard dans l'une ou l'autre de celles-ci, se sont chargées de rappeler les prérogatives du régime syrien en la matière. Les ravisseurs enfin : en dépit de leurs liens avec l'Iran, ces derniers ont des revendications qui ne recoupent pas forcément celles de l'Etat iranien. Le récent détournement du Boeing koweïtien a montré que ceux qui, pendant plus de trois ans, ont été les geôliers des otages, n'entendaient pas être les laissés pour compte d'un éventuel marché entre Paris et Téhéran.

La spectaculaire libération hier soir des trois derniers otages détenus au Liban a d’autant plus surpris que personne, y compris au sein de l’équipe de Charles Pasqua et de Jean-Charles Marchiani, ne croyait pouvoir arracher cel

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