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Analyse

Les Brics las de faire tapisserie

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Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud contestent la règle confiant le FMI aux Européens.

Publié le 26/05/2011 à 0h00

Jacquerie diplomatique inédite au FMI. Cinq grands pays émergents fustigent sa captation européenne. Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) demandent l'abandon de «la convention non écrite et obsolète» qui prévoit depuis 1945 «que le dirigeant du FMI soit forcément européen.» Et le patron de la Banque mondiale, américain. Unité de façade ? Pas sûr que les Brics (1) parviennent à s'entendre sur un candidat d'ici le 10 juin, date limite de dépôt des candidatures. Mais la sortie traduit une irritation croissante. Les pays riches ne sont plus le centre de gravité des rapports de forces politique et économique planétaires, mais ils veulent toujours être au centre de la photo. Les Brics se veulent donc une «réponse à un monde où l'ordre international est inégal et injuste», lançait, en 2010, le président brésilien Lula.

Cash. Le début des années 2000 a accéléré la montée en puissance de la Chine (industrie), de l'Inde (services) et du Brésil (agriculture). La crise financière va leur donner un surcroît de légitimité. Lorsqu'elle éclate, les émergents ont déjà remboursé leurs dettes au FMI et parlent de créer leurs propres fonds régionaux. Elle tient aujourd'hui du lointain souvenir quand elle plombe toujours les pays riches. «Dans la plupart des pays en développement, le PIB a retrouvé le niveau auquel il aurait été si le cycle boom and bust[surchauffe et récession, ndlr] ne s'était pas produit»,note ainsi la B

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