C'était le 12 juillet 1995, au lendemain de la chute de l'enclave musulmane de Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, placée sous la protection des Nations unies. Les images de la télévision serbe montrent Ratko Mladic paradant à Potocari, rieur et bonhomme, au milieu de la foule terrorisée des habitants de l'enclave, qui pensaient trouver un refuge près du QG des Casques bleus hollandais. Le siège avait duré plus de trois ans. Peu avant, il pérorait devant ses soudards sur cette revanche tant attendue «sur les Turcs», comme il appelait les Musulmans, ces Slaves islamisés à l'époque ottomane, nationalité majoritaire en Bosnie- Herzégovine.
A Potocari, il se veut rassurant, promettant à tous qu’ils seront envoyés dans les territoires sous contrôle bosniaque. Les femmes et les enfants partent dans des cars. Les hommes sont mis à part. Quelques heures plus tard, commenceront les exécutions de 8 000 d’entre eux, jeunes ou vieux. Le plus grand massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Ratko Mladic fut l'organisateur et le donneur d'ordre de ce carnage, aussi massif qu'apparemment absurde, dans la logique même de sa guerre : en cet été 1995, les forces serbes prenaient le contrôle les unes après les autres des dernières poches musulmanes de l'est, profitant de la relative indifférence de la communauté internationale. Le partage de la Bosnie était déjà en projet. Ces enclaves représentaient un casse-tête pour l'ONU autant qu'un insupportable défi pour les Se




