Le karaburan, le vent mongol, souffle toujours par surprise. C'est un peu ce qui est en train de se passer en Mongolie-Intérieure, où pour la première fois depuis une vingtaine d'années, une série de manifestations de Mongols en révolte contre les autorités chinoises, et contre la destruction de l'environnement par les entreprises minières, a éclaté dans les rues de plusieurs villes de la «région autonome». Organisé grâce à Internet, le mouvement a mobilisé quelques milliers d'écoliers du secondaire, âgés de 15 à 19 ans, et des éleveurs mongols qui ont marché en force dans les rues de plusieurs villes distantes de centaines de kilomètres : Xilinhaote (mercredi), Dongwuqi et Xiwuqi (jeudi), puis à Zhenglanqi vendredi. Des heurts avec les forces de l'ordre se sont produits dans ces deux dernières villes. On pouvait lire sur les banderoles rouges brandies par les manifestants : «Protégeons les droits des Mongols, justice pour les Mongols.»
Taupinières. Xiwuqi, qu'on atteint depuis Xilinhaote après six heures de voiture à travers l'immense steppe où cavalent librement chevaux et chameaux, s'est révélé hier pratiquement inaccessible. La police a déployé des barrages à toutes les entrées. Elle vérifie les identités de tous les voyageurs. Une «forme de loi martiale» assortie d'un couvre-feu y est en vigueur, selon un habitant. Les journalistes sont refoulés. C'est à proximité de Xiwuqi, le 10 mai, qu'une étincelle a enflammé la colère des




