«Milan est libéré» lance, ému, l'avocat et nouveau maire Giuliano Pisapia. «De la place Tahrir à celle du Dôme de Milan, c'est en ligne droite», s'enthousiasme l'une de ses collaboratrices. Après vingt ans de domination absolue de la droite italienne, la capitale économique de la péninsule, considérée comme une forteresse imprenable, est tombée. Avec à peine 45% des voix, la maire sortante, Letizia Moratti, a été sèchement battue par le candidat proche de Refondation communiste, mais soutenu par toute la gauche et une partie de l'électorat modéré.
Surprise.«C'est la victoire d'un honnête homme dans un pays qui a souffert de la perte de crédibilité de la politique», résume le sénateur démocrate de Milan Luigi Vimercati, qui reconnaît : «Nous nous étions habitués à la défaite, c'est une formidable surprise.» Une surprise tellement éclatante que Silvio Berlusconi, en visite officielle en Roumanie, a préféré assurer, plusieurs heures après la fermeture des bureaux de vote, qu'il n'était «pas au courant des résultats».
Dix-sept ans après son entrée en politique, le Cavaliere a subi hier, à l'occasion de ces élections municipales partielles, sa plus lourde défaite politique. A Naples, son candidat, pourtant donné largement favori avant le premier tour, n'a pas réussi à s'emparer de la mairie. Pis, avec 34,6% des suffrages et malgré la présence de Silvio Berlusconi à ses côtés vendredi, il obtient un score inférieur de deu




