Vingt-deux ans après la répression du mouvement contestataire de Tiananmen, qui a fait des centaines, voire des milliers de morts les 3 et 4 juin 1989, la chasse aux dissidents continue. «La même stratégie brutale est d'actualité», estime l'association Human Rights Watch (HRW). Une centaine d'avocats, blogeurs, artistes et militants de la société civile ont été mis au secret ou en résidence surveillée depuis le mois de février par la police. Ces disparitions en série, qui font suite à des appels sur Internet à s'inspirer de la «révolution du jasmin», se sont prolongées par des dizaines d'arrestations et interpellations plus formelles, comme celle du célèbre artiste Ai Weiwei, que le gouvernement reconnaît désormais détenir.
«Peurs». Quel traitement est réservé à ces personnes qui disparaissent mystérieusement ? Li Tiantian, une avocate de Shanghai, a été relâchée le 24 mai, après trois mois passés dans un lieu secret, un hôpital semble-t-il. Elle a choisi de relater ce qui lui était arrivé, sur Twitter. «Il y a des peurs si grandes qu'on n'en parlera jamais, alors je ne parlerai que des petites peurs qu'ils m'ont infligées, raconte-t-elle. Dès le début de ma détention, ils sont allés perquisitionner de fond en comble mon appartement et celui de mon petit ami. Ils ont parlé à ses sœurs et à ses frères pour tenter de le convaincre de rédiger une lettre de séparation. Mon ami a refusé.»
Les policiers, qui la surveillaient depui




