En voix, c’est un succès : avec quelque 50 % des suffrages (après le comptage de 99% des bulletins, selon les chaînes de télévision), l’AKP (Parti de la justice et du développement), issu du mouvement islamiste et au pouvoir depuis 2002, améliore encore son score.
Mais le grand vainqueur du scrutin, le Premier ministre sortant Recep Tayyip Erdogan, n’aura pas la possibilité de rédiger à sa guise la nouvelle Constitution. Il n’a pas, comme il l’espérait, la majorité des deux tiers (367 sièges) qui aurait permis à l’AKP de mener seul une réforme de la Constitution, voire l’instauration d’une République présidentielle. Il rate aussi de peu la «majorité référendaire» (330 sièges), qui aurait permis à l’AKP d’élaborer un projet de Constitution et de le soumettre aux électeurs par référendum. Les partis devront s’entendre sur un texte de compromis.
«Avec ces résultats, le débat sur le régime présidentiel voulu par Erdogan est clos», estime Hasan Cemal, chroniqueur du quotidien Milliyet. Tout au long de la campagne, le Premier ministre avait multiplié les déclarations les plus nationalistes clamant même que, s'il avait été au pouvoir à l'époque, il aurait fait pendre le chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, arrêté en 1999. Mais ces efforts pour prendre les voix du parti ultranationaliste MHP (Parti d'action nationaliste) afin de l'empêcher de franchir le seuil minimum des 10%(ce qui aurait mécaniquement assuré beaucoup plus de sièges à l'AKP) se sont avérés vains. L'e




