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Critique

Estemirova, l’autre Politkovskaïa

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Portrait . Une enquête sur l’assassinat de la journaliste en 2009 met en cause le président tchétchène.

Publié le 14/06/2011 à 0h00

Ce matin-là, Natacha Estemirova est sortie pour se rendre à son travail. Elle n’est jamais arrivée. Des hommes l’ont poussée dans une voiture. Son corps a été retrouvé le jour même, criblé de balles. Cela se passait à Grozny, le 15 juillet 2009. Natacha, une femme de 51 ans, tchétchène par son père et russe par sa mère, vivait dangereusement.

Militante des droits de l'homme, elle dénonçait inlassablement les crimes commis d'abord par les troupes russes puis par les milices à la solde du patron prorusse de la région, Ramzan Kadyrov, le protégé de Vladimir Poutine. Le documentaire de Milène Sauloy, une réalisatrice qui a fait de nombreux films sur cette région troublée du Caucase russe, est une enquête sur son meurtre. C'est aussi un portrait de la victime, une femme «qui a résisté en tant que femme, défendu sa féminité, sa non-soumission aux hommes en terre d'islam», une femme qui se savait menacée mais que rien ne pouvait plus arrêter.

Les assassins de la militante de Memorial, la plus respectée des ONG russes, n'ont à ce jour pas été retrouvés. Pas plus que ne l'ont été les commanditaires du meurtre de la journaliste de Novaïa Gazeta, Anna Politkovskaïa, assassinée dans l'entrée de son immeuble en octobre 2006. Le parcours de ces femmes courageuses est jonché de cadavres. Leur route croise celle d'Alexandre Litvinenko, l'ex-agent des services de sécurité russe, empoisonné à Londres au polonium par ses anciens camarades que Moscou refuse d'extrader en Anglete

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