C’est un Américain qui a vendu la mèche. Si la majorité des pays européens ne participent pour ainsi dire pas aux opérations d’appui aérien à l’insurrection libyenne dont ils approuvent pourtant le principe, c’est tout simplement, déclarait vendredi Robert Gates, que leur budget militaire est trop limité pour qu’ils puissent le faire.
Le patron du Pentagone ne disait là que la vérité, mais pas toute la vérité. Non seulement beaucoup des pays de l’Union n’ont à peu près pas de forces armées parce qu’ils comptaient sur le parapluie américain depuis le début de la guerre froide et que la disparition de la menace soviétique les a conduits à réduire encore leur effort militaire mais même les grandes puissances européennes, même Paris et Londres, ont des capacités de projection extrêmement restreintes. La France et la Grande-Bretagne peuvent assumer l’opération libyenne mais, déjà engagées sur d’autres terrains, notamment en Afghanistan, elles y épuisent leurs réserves de munitions et y éprouvent, surtout, leur manque d’hommes et de matériels alors même qu’il ira s’aggravant en raison de leurs difficultés budgétaires.
Très bien, parfait, diront ceux des Européens qui considèrent que leurs pays n’ont rien à faire à Kaboul, Misrata ou Abidjan mais, au-delà du débat sur le bien-fondé de ces interventions, aucune puissance ne peut se passer de moyens militaires sans se condamner à ne pas avoir d’existence politique. Pour se faire entendre et compter sur la scène internationale, il faut




