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De notre envoyé spécial

Güveççi, refuge syrien en Turquie

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Dans ce village frontalier, des centaines de Syriens fuyant la répression tentent tant bien que mal de s’organiser, dans une zone où la crise humanitaire semble de plus en plus se profiler.

Le 11 juin, près du village de Güveççi. (REUTERS)
ParMarc Semo
Envoyé spécial à Güveççi (Turquie)
Publié le 15/06/2011 à 0h00

L'un plie sous un gros tas de couvertures. L'autre porte à bout de bras des sacs pleins de pains. Malgré la boue glissante, les deux jeunes avancent vite sur le sentier à flanc de colline. A quelques dizaines de mètres, sur la cime, le poste militaire turc avec ses miradors et un immense drapeau claquant au vent, domine la vallée qui est déjà en territoire syrien. «Les soldats turcs laissent faire, ils savent que nous sommes dans un état désespéré», explique un des adolescents qui, tous les deux ou trois jours, passe côté turc à une demi-heure de marche à peine du campement improvisé côté syrien où s'entassent quelques milliers de civils, surtout des femmes et des enfants.

Solidarité. Les orages ont transformé ces campements épars, à quelques centaines de mètres du haut grillage et de la route militaire marquant la frontière, en d'infects bourbiers au milieu des oliveraies. «Beaucoup de gens n'ont même pas une bâche de plastique pour s'abriter, les enfants pataugent dans la boue et personne ne peut revenir au village pour chercher du matériel ou des vivres parce que déjà les chabiha[voyous chargés des basses œuvres du régime, ndlr] sont là et tirent sur tout ce qui bouge», assure Soma qui est venu pour le ravitaillement et regarde de l'autre côté de la vallée son village de Kherbet Elloz, désormais inaccessible. Tous sont partis ensemble. «Au village nous sommes tous unis, il n'y a pas de sbires du régime, ce n'est pas comme en

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