Exercices militaires à tirs réels, manifestations antichinoises à répétition, avis de conscription… Le Vietnam s'est lancé, depuis fin mai, dans une guerre des nerfs avec Pékin. Cette nouvelle crise en mer de Chine orientale, dans une région qui accumule revendications territoriales et ambitions hégémoniques, a débuté fin mai. Hanoi accusait alors Pékin d'avoir «violé» sa souveraineté sur une zone de 200 milles nautiques depuis la côte vietnamienne, faisant valoir qu'un navire d'exploration de PetroVietnam avait été endommagé par trois bateaux chinois. L'incident, qui s'est reproduit jeudi, a jeté dans la rue plusieurs centaines de manifestants au Vietnam. D'habitude hostiles à toute manifestation, les autorités ont laissé défiler une opinion publique nationaliste, prompte à fustiger l'expansionnisme chinois.
«Routine». Depuis plusieurs décennies, les deux frères ennemis communistes se disputent la souveraineté du petit archipel des Paracel et, plus au sud, les îles Spratly, supposées riches en ressources halieutiques et pétrolières. Sans compter qu'elles occupent une position stratégique sur les routes maritimes reliant l'Extrême-Orient à l'océan Indien. En 1974, Pékin avait fait main basse sur une partie des Paracel. Quatorze ans plus tard, la Chine et le Vietnam se livraient à une brève guerre navale qui s'était soldée par la mort de 70 Vietnamiens.
C'est dans cette région que Hanoi a entrepris, lundi, des exercices militaires, à 40 km à l'est de s




