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Libération
EDITORIAL

Entraînement

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Publié le 17/06/2011 à 0h00

«La France se comporte comme si elle était l'Amérique, l'Amérique comme si elle était l'Allemagne, et l'Allemagne comme si elle était la Suisse…» Une fois n'est pas coutume, le publiciste britannique Timothy Garton Ash saluait de cette formule mordante la nouvelle politique étrangère de la France.

En Libye, sur le front militaire, ou vis-à-vis de la Syrie, sur le terrain diplomatique, l’activisme résolu de Nicolas Sarkozy étonne autant qu’il force le respect de l’autre côté de la Manche. Tout à sa volonté de «rupture», le président français avait pris, il est vrai, deux paris insensés au début de son règne, offrant tous les honneurs de la République à Kadhafi et à Bachar al-Assad. Il avait fort imprudemment misé sur la soif de reconnaissance du premier et le supposé «modernisme» du second. La désillusion n’en fut que plus cruelle. Aujourd’hui, la France ne peut pas bombarder Tripoli et fermer les yeux sur la répression sanglante à l’œuvre à Damas. Elle se démène pour faire condamner le régime syrien par le Conseil de sécurité de l’ONU. Mais l’affaire syrienne, bien davantage que le dossier libyen, tétanise la communauté internationale. Le monde arabe s’illustre par son silence. Et les grandes puissances émergentes brillent par leur cynisme : c’est qu’elles entendent réprimer chez elles ou dans leur zone d’influence sans être dérangées par la communauté internationale : la Chine au Tibet, la Russie en Tchétchénie, l’Inde au Cachemire… Quant au Brésil et à l’Afrique d

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