La maison Syrie est en feu mais son propriétaire ne semble pas avoir encore pris la mesure de l’incendie. En tout cas, le discours tenu hier à l’université de Damas par Bachar al-Assad et ses promesses de réformes n’ont en rien calmé les contestataires. Ceux-ci ont très vite repris leur mobilisation et retrouvé la rue, notamment dans les villes «dures», comme Homs, Hama ou Lattaquié, mais aussi à Alep, la seconde ville du pays, où la révolte n’avait pas encore vraiment pris.
«Microbes». Trop peu et trop tard. C'est, en résumé, le commentaire des principales figures de la contestation après l'allocution du raïs. Pas de regrets, en effet, sur la violence de la répression, qui a fait environ 1 400 morts, provoqué l'arrestation de quelque 10 000 personnes et la fuite de 10 000 autres en Turquie. Au contraire, dans la salle comble qui l'a accueilli avec des slogans à sa gloire, dans la meilleure tradition des dictatures arabes, il a mis la révolte populaire actuelle sur le compte d'un «complot» ourdi, évidemment, à l'étranger. «Les complots sont comme des microbes qu'on ne peut éliminer, mais nécessitent que l'on renforce notre immunité», a-t-il lancé avec des mots qui rappellent son ancienne qualité de médecin. «Pas de réforme au milieu du sabotage et le chaos», a-t-il poursuivi, tout en appelant à un «dialogue national qui pourrait aboutir à des amendements à la Constitution ou à une nouvelle Constitution». Il a aussi évoqué l




