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Reportage

Mariages forcés : le crime oublié des Khmers rouges

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De 1975 à 1979, plus de 200 000 unions ont été organisées par le régime de Pol Pot. Sujet tabou il y a peu, les plaintes s’accumulent aujourd’hui.

ParArnaud Dubus
Envoyé spécial à Phnom Penh
Publié le 28/06/2011 à 0h00

De la période khmère rouge, c’est l’un des crimes les moins connus. Il a pourtant affecté un demi-million de personnes, hommes et femmes, provoquant de graves traumatismes qui continuent à hanter les victimes plus de trente ans après.

Entre 1975 et 1979, entre 200 000 et 300 000 mariages forcés ont été organisés par le régime de Pol Pot et Nuon Chea au nom d'une politique visant à détruire les «sentiments individuels» et à établir un contrôle social total sur la population. «Tous ceux qui avaient entre 14 et 20 ans devaient être proposés pour le mariage forcé», explique Chan Lida, réalisatrice de Noces rouges, un documentaire sur le sujet.

Ces mariages étaient organisés de façon collective, sans présence de la famille, entre des hommes et des femmes qui ne s'étaient pas choisis et, la plupart du temps, ne se connaissaient pas. «Les hommes se tenaient sur une rangée et les femmes sur celle d'en face. On leur ordonnait de se tenir la main et de prononcer des vœux de loyauté mutuelle et de loyauté à l'Angkar ["l'organisation", comme était appelée la direction du régime khmer rouge, ndlr]. Après une heure tout était fini», indique Duong Savorn, de l'ONG Cambodian Defenders Project qui coordonne un programme d'aide aux victimes d'abus sexuels sous les Khmers rouges.

honte. Le sujet est resté tabou jusqu'à récemment : un fort sentiment de honte inhibait les victimes de cette pratique. Car, outre le fait que le mariage forc

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