Depuis plus d'un mois, les manifestations se multiplient au Chili. Les étudiants et les élèves du secondaire réclament une éducation publique, gratuite, de qualité. «L'éducation chilienne n'est pas à vendre, elle est à défendre.» C'est un des slogans scandé dans de nombreuses manifestations d'élèves. La semaine dernière, un défilé a réuni 80 000 personnes. Du jamais-vu depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet, en 1990. Il faut dire que les jeunes qui protestent sont nés après et qu'ils n'ont pas peur de faire valoir leurs droits.
Par ailleurs, plus d'une centaine d'universités sont en grève, et 500 collèges et lycées sont occupés par les élèves. «L'éducation ne doit plus être synonyme de profit, souligne Matias Arancibia, 16 ans, qui marche dans son uniforme bleu de lycéen. L'éducation est un droit, pas un privilège.» Le Chili est un des pays où l'éducation est la plus chère du monde, alors que dans les années 60 elle était gratuite. Sous la dictature (1973-1990), Pinochet a ouvert les portes au privé et l'Etat a drastiquement baissé son enveloppe budgétaire. «Ceux qui financent l'éducation aujourd'hui, explique Marcel Claude, économiste à l'université de Santiago, ce sont en grande partie les familles. Dans le primaire et le secondaire, elles paient en moyenne 30% du coût de l'éducation de leurs enfants.A l'université, elles paient 85% de ce coût ! L'Etat est pratiquement absent du système, même dans les universités pu




