La séance inaugurale du Parlement turc, élu le du 12 juin, a été boycottée par la principale force de l’opposition de gauche et par les députés kurdes. Dominée pour la troisième fois consécutive par l’AKP, le parti issu du mouvement islamiste de Recep Tayyip Erdogan (50% des voix), cette législature s’annonce sous de mauvais auspices.
Pourquoi ce boycott ?
Les 135 députés du CHP (Parti républicain du peuple) ont emboîté le pas des 35 députés kurdes du BDP (Parti pour la paix et la démocratie), qui avaient pris cette décision pour protester contre l'invalidation pour «propagande terroriste» de l'élection d'Hatip Dicle, une des figures de proue emprisonnée du mouvement kurde. Le refus de plusieurs tribunaux, contre la jurisprudence habituelle, de remettre en liberté six autres nouveaux élus kurdes a encore accru la rage du BDP. Le même problème s'est posé pour deux députés du CHP, le journaliste Mustafa Balbay et l'universitaire Mehmet Haberal, emprisonnés pour leur rôle présumé dans un complot visant à déstabiliser le pouvoir de l'AKP. «Tant que nos camarades députés seront empêchés de prêter serment, nous, élus du CHP, ne prêterons pas serments non plus», a martelé Kemal Kilicdaroglu, président du parti jadis fondé par Mustapha Kemal, en annonçant cette décision sans précédent.
Que révèle cette crise ?
Certains éditorialistes proches de l'AKP assurent que le Premier ministre est tombé «dans un piège judiciaire». L'ind




