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Libération
Reportage

Le Sud-Soudan face au défi démocratique

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Le pays fait officiellement sécession avec le Nord, ce samedi. Des observateurs mettent en garde contre le risque de dérives autoritaires et ethniques.

Des enfants du Sud-Soudan répètent un spectacle pour des célébrations à Juba, le 7 juillet. (© AFP Roberto Schmidt)
ParStéphanie Braquehais
Envoyée spéciale à Juba
Publié le 09/07/2011 à 0h00

Le général Gier Chuang Aluong, ministre sud-soudanais des Affaires intérieures, déboule à la conférence de presse avec un grand sourire et une heure de retard pour entamer un long exposé sur le dispositif de sécurité mis en place à l'occasion de la proclamation d'indépendance de ce samedi. Il fustige les «ennemis qui cherchent à faire croire que le pays a failli avant même d'être né», faisant référence aux mouvements rebelles sudistes, actifs dans plusieurs régions, et qu'il accuse «d'être soutenus par le régime de Khartoum». Des accrochages violents, qui s'ajoutent aux conflits frontaliers avec le Nord, ont fait 1 800 morts depuis le référendum de janvier, entachant quelque peu la transition pacifique vers la sécession.

Soudain, passant du coq à l'âne, le ministre s'empare d'un imposant cadre déposé au pied de sa chaise en cuir, où sont représentés des spécimens du nouveau passeport sud-soudanais : «A partir du 10 juillet, je peux voyager partout avec ce document é-lec-tro-nique !» comme il l'assure. «Si vos pays nous donnent des visas !» ajoute, sarcastique, Barnaba Marial Benjamin, le ministre de l'Information, assis à côté de lui.

Nervosité. Cette scène reflète l'atmosphère quasi-surréaliste qui a envahi Juba, la capitale. Les préparatifs de la cérémonie, à l'issue de laquelle la République du Sud-Soudan deviendra le 193e pays au monde, ont brusquement accéléré ces derniers jours. En l'espace de quelques jours

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