Démocratie du consensus, la Norvège se trouve confrontée à une attaque contre ses citoyens, mais aussi contre ses valeurs. Dans son délire de haine, Breivik a délibérément choisi ses cibles, l'appareil d'un Etat qu'il vomissait et les jeunes travaillistes, coupables, à ses yeux, de représenter l'idéologie sociale-démocrate scandinave honnie. Notamment sa tolérance et ce qu'il voyait comme une pratique odieuse du multiculturalisme. Tout montre que Breivik a agi seul. Mais ses aliénations et ses ressentiments se nourrissent d'un terreau fertile entretenu par une extrême droite puissante en Scandinavie et en particulier en Norvège. Le Parti du progrès (FRP), mal nommé, représente plus d'un cinquième des Norvégiens ce qui en fait le premier parti d'extrême droite d'Europe de l'Ouest. Ce mouvement anti-immigrés et nationaliste a gagné en respectabilité en apportant son soutien aux conservateurs dans la législature précédant la victoire travailliste. Et même si le FRP prend aujourd'hui ses distances avec son rejeton, cette formation populiste devra s'interroger sur les exécrations qu'elle a pu entretenir et légitimer. Quant à la Norvège, elle dépassera cette barbarie si elle réussit à préserver les valeurs qui font son histoire. Si, comme l'a dit justement le Premier ministre Jens Stoltenberg, elle répond à cette agression par «plus de démocratie, plus d'ouverture, plus d'humanité mais sans naïveté». C'est ainsi que les Etats de droit vaincront le terrorisme et non en céd
EDITORIAL
Cibles
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Publié le 25/07/2011 à 0h00, mis à jour le 25/07/2011 à 6h47
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