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Accident de TGV chinois : les médias muselés

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Publié le 03/08/2011 à 0h00

Le département de la propagande du Parti communiste a ordonné vendredi de museler les médias chinois qui avaient jusqu'alors exprimé sans détour leur écœurement sur la manière dont les autorités ont réagi à l'accident de TGV du 23 juillet, près de Wenzhou (40 morts, 191 blessés). «Tous les médias doivent écrire sur le thème de la "compassion des autorités face à la tragédie" et ne doivent ni questionner ni élaborer [d'hypothèses]»,assure la directive. Sous la menace de sanctions, des centaines de journaux ont dû remplacer au pied levé leur édition du week-end par des dépêches censurées de l'agence Chine Nouvelle.

Place désormais à la «propagande positive». Hier, les médias claironnaient le «succès» du tout nouveau TGV Pékin-Shanghai, dont le taux de remplissage aurait dépassé 107% en juillet ! La méfiance à l'égard des TGV depuis l'accident se serait en réalité traduite par une chute considérable des ventes de billets. «On ne peut plus écrire sur l'accident, ce qui est absurde puisque tout le monde est déjà outré par ce qui s'est passé. Cela ne fait qu'ajouter à la colère du public», s'insurge un journaliste de Shanghai. Le black-out n'est toutefois pas exhaustif. Un magazine, l'Observateur de l'économie, persiste à publier sur son site web des articles fustigeant le «manque de respect pour la vie humaine du ministère des Chemins de fer […] où les responsables se soucient plus de leur carrière que des passagers».

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