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Libération
Reportage

Tripoli hanté par les fantômes de Kadhafi

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Les victimes des combats arrivaient, hier, dans le plus grand hôpital de la ville, jusque là dirigé par la fille du dictateur déchu, donnée pour morte.

A l'hôpital de Tripoli, jeudi. (Youssef Boudlal / Reuters)
ParJean-Louis Le Touzet
Envoyé spécial à Tripoli
Publié le 26/08/2011 à 0h00

Des rues rectilignes, des montagnes de sacs poubelle, l'appel à la prière de 16 heures, des rideaux de fer baissés, des rumeurs, dont la dernière qui laisse entendre que l'eau courante a été empoisonnée, des 4 x 4 chargés de missiles Milan qui foncent vers le quartier Abou Salim où seraient réfugiés des proches de Kadhafi. Un couple à la fenêtre dans la zone des ambassades, totalement déserte, regarde en agitant la main le départ de véhicules bourrés de munitions. Lui, la soixantaine, ingénieur agronome. Elle, Vénézuélienne, chercheuse en agronomie. Lila Delgado n'est pas sortie depuis samedi soir. «Avant, disons jusqu'à la semaine dernière, je n'avais aucun problème à dire que j'étais vénézuélienne. Tout le monde aimait Chávez dans l'immeuble… jusqu'à la semaine dernière. Chávez était l'ami indéfectible de Kadhafi. Mais depuis dimanche je dis que je suis Equatorienne. Ça passe mieux…», sourit-elle un peu gênée dans son trois-pièces meublé joliment. Ils se sont connus il y a une trentaine d'années sur un campus californien où ils achevaient leurs études d'agronomie. Elle reste «chaviste de cœur», mais insiste «Kadhafi est un cinglé et ne peut être comparé à Chávez».

Nouveau converti. Lila aurait beaucoup à dire sur les ralliements de dernière minute à la rébellion dans le quartier : «J'en connais deux au moins dans l'immeuble qui étaient jusqu'à samedi des supporteurs du régime. Ils ont disparu dimanche.» Elle dit cela en r

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