«C’est une excellente élève mais elle ne pourra peut-être pas aller à l’université», s’émeut Paola Castillo, à propos de sa fille aînée, Victoria, 16 ans. Mon salaire ne me permet pas de l’y envoyer.» Employée dans une imprimerie, cette mère célibataire de trois enfants gagne l’équivalent de 372 euros par mois, un peu plus que le salaire minimum touché par une majorité des Chiliens. «Pour un cursus à l’université publique ou privée, reprend-elle, il me faudrait payer 23 700 euros environ à l’année, 64 fois mon salaire…»
Dès qu’elle peut, cette jolie blonde de 38 ans sort donc une banderole sur laquelle elle a écrit «Président Piñera, toi, tu as étudié gratuitement, pourquoi pas mes enfants ?» et défile avec Victoria et les centaines de milliers d’étudiants et d’élèves du secondaire qui manifestent depuis trois mois dans les rues des grandes villes chiliennes. Ils exigent une éducation publique, gratuite et de qualité. Une éducation qui cesse d’être une source de profit.
«Printemps».«C'est maintenant ou jamais ! lance Paola. Les jeunes sont nés après la dictature [du général Augusto Pinochet, entre 1973 et 1990, ndlr]. Ces enfants de la démocratie nous ont réveillés ! Nous, les adultes, avions peur de protester.» Le mouvement, de plus en plus social, est soutenu par 80% de la population. «Le printemps a commencé plus tôt que d'habitude», s'est félicitée l'une des dirigeantes emblématiques de la mobilisation, Camila Vallejo, e




