C'est après cinq mois de manifestations et de révolte que le régime syrien enregistre sa première défection d'importance, celle du procureur général de la ville rebelle de Hama. «Moi, Adnane Mohammed el-Bakkour, procureur général de la province de Hama, annonce ma démission sous le régime de Bachar al-Assad et de ses bandes», déclare-t-il sur une vidéo postée sur YouTube. Il a expliqué sa décision par les exactions du régime dans sa province, dont l'exécution, le 31 juillet, de 72 détenus. Des manifestants pacifiques et des militants politiques emprisonnés à Hama, dont les corps ont été jetés dans une fosse commune.
Damas a aussitôt réagi, qualifiant de «purs mensonges» les accusations du magistrat, affirmant que cette démission avait été arrachée sous la contrainte par un groupe qui l'aurait enlevé. Hier soir, il était bien difficile de savoir si le magistrat s'était exprimé de son plein gré, s'il avait été kidnappé ou été arrêté. Lui-même a nié avoir été enlevé. Une seule certitude : il a disparu.
Le juge a aussi dénoncé «la mort de 420 personnes tuées par les forces de sécurité et les miliciens du régime et enterrées dans des fosses communes», ainsi que les meurtres d'environ 320 personnes, torturées à mort dans les commissariats. Selon lui, 10 000 personnes ont aussi été arrêtées arbitrairement, tandis que l'armée détruisait des maisons avec leurs habitants à l'intérieur.
Pour le nouveau gouverneur de Hama, Anas Naïm, «le procureur général a é




