Il est au pouvoir presque sans interruption depuis 2001. Il possède l'une des plus grosses fortunes de la péninsule. Il contrôle trois chaînes de télé et tout un pan de l'économie. Il n'empêche. Selon Silvio Berlusconi, «l'Italie est un pays de merde qui[lui]donne envie de vomir.» Et de partir, aussi. «Dans quelques mois, je m'en vais pour m'occuper de mes oignons, ailleurs», s'est-il plaint en juillet, dans une conversation téléphonique «privée» qui, depuis vendredi, s'étale malgré tout dans la presse transalpine.
Cette déclaration tonitruante ouvre un nouveau chapitre pittoresque dans la série des scandales sexuels et graveleux qui éclaboussent le Cavaliere depuis plusieurs mois. A l'origine, en effet, de ce commentaire sans nuances sur l'Italie excrémentielle, les attaques judiciaires dont il fait l'objet. Notamment celle lancée contre lui l'année dernière, à la suite de ses fêtes privées avec de multiples pépettes, et qui lui valent aujourd'hui un procès à Milan pour «prostitution de mineures».«Je ne fais rien qui puisse être considéré comme un délit. On peut dire de moi que je baise, c'est tout», s'indigne, à l'occasion de ce coup de téléphone avec son ami entrepreneur Valter Lavitola, celui que certaines de ses jeunes invitées appellent «papounet».
Au passage, Berlusconi, âgé de 74 ans, fait part de sa lassitude de voir ses conversations enregistrées sur ordre des magistrats et régulièrement rendues




