C’est désormais officiel : il existe bien des fosses communes renfermant des milliers de corps non identifiés au Cachemire indien, province himalayenne ensanglantée depuis plus de vingt ans par une violente insurrection séparatiste.
A l'issue de trois ans d'enquête, la commission du Jammu-et-Cachemire pour les droits de l'homme affirme avoir découvert 2 730 corps répartis sur 38 sites différents, tous situés le long de la Ligne de contrôle, cette frontière informelle qui sépare les parties indienne et pakistanaise de la province que se disputent les deux pays depuis plus d'un demi-siècle. «La grande majorité des corps présentent des blessures par balle», précise le rapport.
Traces. C'est la première fois qu'une enquête émanant d'un organisme gouvernemental évoque la présence de ces mystérieuses sépultures. De quoi donner une nouvelle crédibilité aux accusations des associations de parents de disparus, qui estiment à plus de 8 000 le nombre de Cachemiris s'étant volatilisés sans laisser de traces depuis le début du conflit, en 1989, le plus souvent après avoir été arrêtés.
Dans deux études successives, en 2008 et 2009, les associations avaient en effet évoqué ces «tombes anonymes», persuadées que les forces armées y avaient enfoui les cadavres des personnes disparues. Des accusations qui leur avaient attiré les foudres des autorités : «A l'époque, nous avions été accusées de calomnier les forces de sécurité, certains de nos membres




