Menu
Libération
Reportage

Le Guatemala privé de sécurité

Réservé aux abonnés

Les partisans d’une ligne dure face à la violence semblent favoris avant le premier tour des élections générales, dimanche. Faisant fi des dérapages de vigiles omniprésents.

ParMichel Taille
Envoyé spécial au Guatemala
Publié le 10/09/2011 à 0h00

Le chauffeur livreur est occupé à décharger les caisses de bouteilles pour approvisionner l’une des innombrables petites boutiques de Ciudad Guatemala. Un rôdeur tend le bras, saisit une bouteille de soda, et s’effondre aussitôt en sang. Le garde qui escorte le camion vient de vider son fusil à pompe sur lui.

La scène n'a occupé cet été qu'une colonne dans un quotidien à sensation. Le gardien et le chauffeur ont pris la fuite sans être inquiétés par ce nouvel excès de zèle meurtrier des forces de sécurité privées. Les Guatémaltèques, qui vont se rendre aux urnes dimanche pour le premier tour des élections générales (présidentielle, législatives et municipales) survivent dans l'un des pays les plus violents du monde avec une moyenne de 25 homicides par jour cette année. Ce qui devrait les amener à porter au pouvoir Otto Pérez Molina, un général conservateur à la retraite grand favori du premier tour, qui a fait campagne sur le thème de la «main de fer» et de la «tolérance zéro».

En attendant, la myriade d'agents aux uniformes parfois inidentifiables «fait partie du quotidien», commente le politologue Carlos Vega. En partant le matin, lui-même salue, dans sa guérite, le gardien qui contrôle l'accès de sa rue barrée de chaînes ; il laisse ensuite ses enfants dans un collège encadré d'autres cerbères armés, puis montre son identification à ceux qui protègent l'entrée de son bureau. Le dimanche, il prie dans une église sous surveillance.

Carabine.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique