Au Rwanda, à la fin du siècle dernier, deux tribus aux drôles de noms, les Hutus et les Tutsis, se sont entretuées à coup de machettes - sous-entendu «comme des sauvages». C’est, à peine caricaturée, la légende encore trop partagée dans notre pays au moment où le président rwandais, Paul Kagame, s’y rend pour une première visite officielle depuis le génocide. Car c’est de cela qu’il est question : d’un génocide perpétré par le régime hutu contre la population tutsie et ses soutiens hutus. Le plus fulgurant des génocides - 800 000 morts en cent jours, entre le 6 avril et le 4 juillet 1994. Et même si cette histoire est largement écrite par un ensemble de chercheurs scrupuleux, il s’agit une nouvelle fois d’un passé qui, en France, a du mal à passer. L’implication de notre République dans ces atroces massacres, sa complicité comme son savoir-faire en matière de «crimes de bureau» n’y sont évidemment pas pour rien. En témoigne la force d’un négationnisme qui triomphe encore parfois dans les médias, à l’image d’un Pierre Péan et de son abjecte thèse du «double génocide». Car - n’en déplaise à tel ancien commandant de l’opération Turquoise qui s’estime traité de «nazi» - si l’on peut ce jour parler d’insulte, c’est seulement à propos de celle faite toutes ces années aux victimes niées du génocide. N’en déplaise aussi à M. Quilès, ex-ministre de la Défense, qui empêcha une véritable enquête parlementaire en présidant lui-même une insatisfaisante mission. A la différence des Belges
EDITORIAL
Insulte
Réservé aux abonnés
Publié le 12/09/2011 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus