Dans une atmosphère à mi-chemin entre la réunion de famille et le meeting de parti politique, Paul Kagame a réservé hier la première rencontre de sa première visite en France à la diaspora rwandaise, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Plus de mille personnes, venues d'Europe, l'ont acclamé à pleins poumons en agitant avec affection leurs petits drapeaux : «Notre Vieux, Notre Vieux.» Le Président a fait un tour dans la salle, parmi une foule qui avait dû subir une fouille très méticuleuse de la part des agents de sécurité à l'entrée, avant d'ouvrir cette réunion, certes moins formelle qu'une session de comité central, mais tout aussi organisée avec sa cohorte de représentants des femmes, de la jeunesse et des milieux d'affaires.
Comme à son habitude, et peut-être même davantage puisque la France est le seul pays d'Europe à abriter une importante communauté hutue, le président du Rwanda a prêché l'unité. «Nous les Rwandais, nous sommes le même peuple. Nous ne nous ressemblons pas, nous n'avons pas le même faciès, ni la même silhouette. Une politique constructive permet aux gens d'avoir des différences. Mais la bonne politique est celle qui nous rappelle notre trait d'union. Nous pouvons avoir des différences, mais nous avons la chance d'avoir le même pays.»
A plusieurs reprises, les organisateurs de la rencontre ont ovationné le nom de la France et celui de Paris, un enthousiasme qui montre l'importance que les Rwandais accordent à cette visite. «Je suis




