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Patriote en actes

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Talat Hamdani. D’origine pakistanaise, cette Américaine a perdu son fils, sauveteur, dans les tours le 11 Septembre. Elle se bat depuis contre les injustices faites aux musulmans.

ParFabrice Rousselot
De notre correspondant à New York
Publié le 12/09/2011 à 0h00

De son malheur, elle a fait un combat. Pour son fils d'abord, et puis pour tous les musulmans d'Amérique. Il y a de la mère Courage dans cette femme-là, cette façon de se rebeller face à l'adversité. Il y a dix ans, quand les tours du Word Trade Center se sont effondrées, Talat Hamdani a perdu son aîné, Salman, le bébé qu'elle portait dans ses bras quand elle a quitté le Pakistan pour les Etats-Unis, à la fin des années 70. A 23 ans, Salman était le fils idéal. Il avait décroché son diplôme de chimiste à Queens College, voulait être docteur, avait une formation de sauveteur urgentiste, s'était enrôlé comme cadet auprès du NYPD afin d'aider ses parents à financer ses études de médecine. Et ce matin-là, le 11 septembre 2001, il s'est précipité vers les tours en feu pour aider. Mais la vérité mettra des mois à émerger. «Parce qu'il était d'origine pakistanaise, les autorités ont commencé à suspecter mon fils d'être un terroriste, dit Talat Hamdani, une photo de Salman accrochée à sa veste. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que la vie des musulmans en Amérique allait devenir un enfer. C'est là peut-être que, sans le savoir, j'ai commencé à me dire qu'il fallait faire quelque chose.» Elle s'interrompt et a cette phrase terrible : «En fait, je n'ai jamais eu le temps de faire mon deuil, il a tout de suite fallu que je défende l'honneur de mon fils.»

Dix ans plus tard, Talat Hamdani est l'une des voix de la communauté musulmane les plus respect

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