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Analyse

Au Danemark, l’extrême droite a usé ses vieilles recettes

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Le pays élit aujourd’hui ses députés. Pour la première fois depuis dix ans, le Parti du peuple danois, islamophobe et anti-européen, pourrait reculer.

ParAnne-Françoise Hivert
Envoyée spéciale à Copenhague
Publié le 15/09/2011 à 0h00

Le Parti du peuple danois (Danske Folkeparti, DF) semble lasser les Danois par ses positions de plus en plus agressives contre les immigrés. Sa présidente, Pia Kjærsgaard, a beau mobiliser les troupes avant les élections législatives d’aujourd’hui, la formation d’extrême droite ne séduit plus.

Pendant dix ans, le DF avait réussi à monnayer au prix fort son soutien à la droite mais, aujourd'hui, quatre personnes sur cinq estiment que le parti a eu trop d'influence ces dernières années. «Ils se présentent comme le parti des travailleurs. Ils disent aux gens qu'ils vont se battre pour eux. Mais ils votent la réduction de la durée d'indemnisation chômage et soutiennent la réforme des préretraites. En échange de quoi ? Tout ce qui les intéresse, c'est de tracasser les immigrés», s'insurge Tommy Svensson, 53 ans, conducteur d'un tracteur de piste à l'aéroport de Copenhague.

Déclin. Pour la première fois depuis sa création, en 1995, la formation populiste, islamophobe et anti-européenne pourrait reculer. Les derniers sondages lui donnent entre 12 et 13% des intentions de vote, contre un résultat à 13,8% en 2007. Un début de déclin qui est un symbole.

Depuis 2001, la formation d'extrême droite a servi de force d'appoint à la coalition gouvernementale, composée des libéraux et des conservateurs, minoritaires au Parlement. «Le Parti du peuple danois, qui défend un chauvinisme de l'Etat-providence, a obtenu un certain nombre de concessions, qui ont contribué

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