C’est bien entendu Jacques Delors qui avait raison depuis le début : il était absurde de construire une Europe monétaire sans bâtir en même temps un gouvernement économique européen capable de mettre en œuvre une coordination budgétaire. La zone euro est une unijambiste à la recherche de béquilles. Depuis 2008, elle ne cesse donc de vaciller. Au fur et à mesure que crises bancaires, financières et monétaires se succèdent pour finalement s’additionner, il devient depuis en plus évident qu’au cœur de la tornade ne subsistent que deux forces, la Banque centrale européenne et le couple franco-germanique. La première s’est montrée à la fois pragmatique, réactive et même hardie depuis le début des crises, à la surprise générale et sous la houlette de Jean-Claude Trichet. Dans quelques semaines, le mandat de celui-ci s’achèvera. Son successeur italien ne manque pas de qualité mais il devra démontrer la même autorité que Trichet, alors même que pour la première fois la BCE paraît profondément divisée sur la stratégie à mener.
Reste donc, plus que jamais, le couple franco-germanique dont l’entente et l’énergie constituent le préalable à toutes solutions de la question grecque et à toutes remises en ordre de la zone euro. La commission de Bruxelles et les ministres des Finances de la zone euro peuvent proposer et préparer des solutions techniques, la décision politique passe de plus en plus par l’harmonie entre Paris et Berlin. Or celle-ci apparaît nettement plus ambiguë qu’à l’époque




