Rarement une Assemblée générale de l'ONU aura connu un tel enjeu. En arrivant hier avec dans ses valises le projet de demande d'adhésion d'un Etat palestinien devant le Conseil de sécurité, le président Mahmoud Abbas a déjà marqué de son empreinte la grande messe annuelle des chefs d'Etat à New York, ouvrant la perspective d'une confrontation politique avec les Etats-Unis et Israël. Et faisant planer le spectre d'une crise internationale. «C'est bien simple, la question israélo-palestinienne va dominer toute la semaine, résume un diplomate. C'est à la fois un test pour la diplomatie américaine, pour la diplomatie internationale et un test pour l'ONU.»
S'il maintient sa volonté de demander vendredi la reconnaissance de l'Etat palestinien à la tribune onusienne, Mahmoud Abbas ne pourra pas éviter le clash avec les Etats-Unis et la promesse d'un veto américain au Conseil de sécurité. Depuis plusieurs jours, la position de Washington, appuyée par Jérusalem, est des plus claires : l'administration de Barack Obama s'opposera à la demande palestinienne et ne peut envisager une solution au conflit avec Israël qu'à travers la reprise des négociations. «Il n'existe pas de bâton de magicien ici ou ailleurs, répète ainsi à l'envi Susan Rice, l'ambassadrice américaine à l'ONU. Si l'on veut parvenir à la création d'un Etat palestinien avec des frontières clairement définies et avec une souveraineté indiscutable, il faut passer par une solution négociée. Il ne




