Avec ses yeux en amande, son teint pâle et ses manières enfantines, Yang Ziyi, 25 ans, correspond divinement aux canons de la beauté chinoise. Pour souligner sa silhouette innocente, elle porte ce jour-là une simple robe d'été en tissu imprimé. Elle n'aurait aucun mal à trouver un mari sans l'aide d'une agence matrimoniale. Mais la voilà cliente de «Zuanshi wanglaowu» («Papa gâteau»), une agence pékinoise qui promet à ses adhérents de débusquer des époux fortunés. La devise de la maison : «Le mariage est le plus gros investissement de toute la vie.» Tant qu'à faire, autant épouser l'homme de ses rêves, et chez Zuanshi, ils sont triés sur le volet.
«Tous sont millionnaires ou milliardaires, précise l'avenante directrice de l'agence, implantée dans six villes. Nous sommes en pleine expansion car la demande est de plus en plus forte.» Dans le vaste bureau, une douzaine d'employées classent sur ordinateur fichiers et photos. L'officine est prête à tout pour appâter la prospère clientèle masculine : organisation de concours de beauté féminine pour dénicher la perle, déploiement de «chasseurs de têtes» sur les campus universitaires, soirées spéciales… Aux femmes, un prospectus de l'agence promet qu'elles porteront un jour «les chaussures de Cendrillon». Aux nymphes qui ne possèdent pas la «qualité» requise, il est proposé des cours de savoir-vivre. «Une femme, dit la directrice, doit considérer son mari comme un dieu. L'homme et la




