L’assassinat mardi de l’ex-président Burhanuddin Rabbani dans sa résidence ultraprotégée de Kaboul porte un coup sévère à la politique de réconciliation du président Karzaï, dont il était le principal négociateur. C’est la personnalité afghane la plus importante à être tuée depuis la chute des talibans, en 2001.
Qui a tué Rabbani ?
Les talibans ont d’abord revendiqué l’attentat, puis laissé planer le doute sur celui-ci, comme s’il y avait des divergences à l’intérieur de l’organisation. Quoi qu’il en soit, l’assassinat porte la signature du réseau Haqqani, un chef tribal et religieux de l’est, qui est à l’origine des attaques les plus meurtrières lancées sur Kaboul et est devenu la bête noire des Américains. Haqqani est aussi très lié à l’ISI, les services militaires pakistanais. Ce qui laisse penser que, pour une opération aussi importante, l’accord de certains officiers pakistanais a été nécessaire même si Islamabad a condamné l’attentat.
Qui était Rabbani ?
Ce Tadjik du nord du pays était apparu lors de l’invasion soviétique en devenant l’un des chefs politiques de la résistance afghane. Après la chute du régime communiste en 1992, il devient le président sans pouvoir d’un pays déchiré par la guerre civile. Il sera mis en cause pour des crimes de guerre. Marginalisé par la victoire des talibans en 1996, il est récupéré par Karzaï qui cherche à s’entourer de leaders islamistes «modérés» pour contrer les talibans. L’an dernier, il était revenu




