Les parents et amis de la psychanalyste syrienne Rafah Nached, détenue depuis le 10 septembre à Damas, ont lancé un cri d’alarme. L’état de santé de la prisonnière, 66 ans, s’est fortement dégradé ces derniers jours, notamment en raison de conditions carcérales pénibles. Après avoir été gardée au secret pendant cinq jours, elle a été transférée dans la prison pour femmes de Douma (nord-est de Damas). Elle y est confinée dans une cellule exiguë où s’entassent une quinzaine de personnes, essentiellement des droits communs. Lors de la dernière visite que son époux a effectuée, le 25 septembre, Rafah Nached, qui se remet d’un cancer, est apparue très affaiblie, souffrant de dérèglements cardiaques de plus en plus marqués. Epuisée, n’ayant aucun endroit pour s’asseoir dans le parloir, elle a dû mettre prématurément un terme à l’entretien.
Selon ses proches, le processus judiciaire est au point mort et les juges sursoient à statuer sur les demandes de libération sous caution déposées par la famille pour raisons de santé. Ce que le gouvernement lui reproche, c'est d'avoir organisé, en collaboration avec la communauté jésuite, des réunions pour offrir à de jeunes Syriens de toutes confessions un espace ouvert pour surmonter leurs peurs dans le climat de violence actuel. Cela la place sous une possible inculpation pour «incitation au soulèvement, incitation au renversement du gouvernement et non respect de l'ordre public», des chefs d'accusation passibles d'une condamnation à sept




